
Le sexisme en entreprise désigne l’ensemble des comportements, propos, décisions et pratiques qui défavorisent une personne en raison de son sexe ou de son genre, en portant atteinte à sa dignité ou à ses droits professionnels. Il peut prendre différentes formes parfois difficilement repérables.
Sexisme ouvertement hostile
Le sexisme ouvert se manifeste par des propos ou décisions clairement discriminatoires à l’égard d’un genre.
Exemples : remarques sur l’incapacité supposée des femmes ou des hommes à occuper certains postes, refus d’accès à des responsabilités pour des raisons de genre, écarts de rémunération injustifiés à compétences égales.
Sexisme « ordinaire » et masqué
Le sexisme ordinaire prend la forme de blagues, réflexions ou habitudes présentées comme de l’« humour » ou de la « tradition », mais qui réaffirment des stéréotypes de genre.
Exemples : blagues sexistes répétées, surnoms infantilisants (« ma petite », « ma belle »), attribution systématique à certaines femmes de tâches de service (prendre les notes, préparer le café).
Sexisme subtil et biais inconscients
Le sexisme subtil repose sur des micro-agressions et des attentes différentes selon le genre, souvent difficiles à nommer mais qui s’accumulent.
Exemples : commenter davantage l’apparence que les compétences, douter implicitement de la légitimité (« tu as fait ça tout·e seul·e ? »), exclure informellement certaines personnes de réseaux ou moments clés de socialisation professionnelle.
Sexisme bienveillant
Le sexisme bienveillant s’exprime sous la forme de protection ou de compliments qui enferment pourtant les personnes dans des rôles genrés.
Exemples : écarter une collaboratrice d’un dossier « trop dur » pour la « préserver », valoriser les femmes uniquement pour des qualités dites « naturelles » (empathie, douceur), limiter les hommes ou les femmes à certains types de postes en fonction de ces stéréotypes.
Sexisme dans les décisions RH
Le sexisme se traduit aussi dans les pratiques de recrutement, de gestion de carrière et de rémunération.
Exemples : questions sur la maternité ou la vie familiale en entretien, présomption de moindre disponibilité des mères, frein à la promotion des femmes sur des postes de direction, écart salarial à poste et expérience équivalents.
Le sexisme en entreprise
Le rapport annuel 2026 sur l’état du sexisme en France montre que la lutte contre le sexisme est et reste un sujet primordial pour la société, pour nos organisations et pour nos entreprises. Nous voyons que les deux formes de sexisme existent toujours (hostile et paternaliste). L’étude montre que 23% des personnes interrogées sont toujours concernées par des pratiques de sexisme paternalistes. Le sexisme paternaliste peut paraître parfois plus difficile à combattre car dans ce cas, les personnes agissent sous couvert de protection, de bienveillance et de valorisation des rôles traditionnels dans la société. Il est donc primordial d’agir sur le sujet et de former aussi bien les hommes que les femmes à la non-discrimination et à la lutte contre le sexisme. En dehors des formations, les entreprises ont le pouvoir d’agir en communiquant sur le sujet. Il est important de communiquer ses engagements mais aussi de s’assurer que les communications qui portent sur des rôles modèles puissent combattre le sexisme et favoriser l’inclusion. Beaucoup d’entreprises réalisent un travail substantiel sur le sujet, dans les offres d’emploi mais aussi dans les communications réalisées à l’interne et à l’externe. Les résultats de ces actions sont toujours bénéfiques.
Vincent Bohelay, vice-président À Compétence Égale
