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Ça commence dès le plus jeune âge

L’école joue un rôle déterminant dans la construction des parcours scolaires et professionnels. Pourtant, elle contribue encore, parfois involontairement, à orienter différemment les filles et les garçons. Les stéréotypes de genre influencent les attentes des adultes comme la perception que les élèves ont d’eux-mêmes : les filles seraient plus « littéraires » ou « appliquées », tandis que les garçons seraient plus « logiques » ou « scientifiques ».

En France, les filles réussissent pourtant aussi bien, voire mieux, que les garçons tout au long de la scolarité. Elles obtiennent en moyenne de meilleurs résultats au baccalauréat, mais restent minoritaires dans certaines filières scientifiques. Par exemple, elles représentent moins de 30 % des étudiants en écoles d’ingénieurs, et le constat s’accentue dans les écoles prestigieuses (exemple Polytechnique ne compte pas plus de 1 étudiante pour 4 étudiants). (lire l’enquête)

À l’inverse, elles sont majoritaires dans les filières littéraires, sociales et paramédicales. 

Ces différences soulignent que l’orientation ne dépend pas seulement des capacités individuelles, mais aussi de l’environnement scolaire et culturel. Les conseils d’orientation, les figures mises en avant dans les sciences ou les technologies sont encore majoritairement masculines dans les manuels scolaires, et les attentes implicites peuvent influencer les choix des élèves.

Une fois passée la barrière de l’orientation, les difficultés ne s’arrêtent pas là. D’après 50 % des femmes interrogées, l’environnement très masculin pendant leurs études leur a donné le sentiment de ne pas être à leur place. Un « syndrome de l’imposteur » ressenti par 63 % des étudiantes interrogées et 53 % des femmes actives. Ce qui peut implicitement conduire à entraver la progression des femmes dans ces domaines. (lire l’enquête) 

À long terme, cette orientation différenciée a des conséquences sur l’accès aux métiers les plus valorisés et les mieux rémunérés, souvent concentrés dans les secteurs scientifiques et technologiques. L’école ne crée pas seule ces inégalités, mais elle peut les renforcer si elle ne prend pas conscience des biais existants.

En bref, favoriser une orientation plus égalitaire suppose de lutter contre les stéréotypes dès le plus jeune âge, de valoriser des modèles féminins diversifiés et d’accompagner chaque élève en fonction de ses compétences réelles. Cela passe par l’école et l’éducation à la maison : Chers parents, des fabuleuses collections de livres mettent en lumière des trajectoires de femmes scientifiques ! 

L’enjeu est de permettre aux filles de choisir librement leur voie, sans que leur genre ne limite leurs ambitions.

Marie GILLERON, DRH des activités Actual Talent et Fonctions Supports au sein d’Actual Group, et maman d’un garçon 10 ans et d’une fille de 7 ans.